Positionnement scientifique

Les recherches développées dans cette équipe s’enracinent dans des analyses socialement situées des pratiques et des représentations médiatiques et culturelles, qu’elles relèvent de l’interdiscipline des sciences de l’information et de la communication dans l’espace académique francophone, des media studies ou cultural studies dans un contexte plus international. Les membres de cette équipe partagent une même aspiration à croiser ces grands ensembles de savoirs et de méthodes pour prendre la mesure des bouleversements opérés d’une part avec le numérique – décloisonnant pour partie pratiques amateurs et pratiques expertes, mais aussi pratiques de loisir et pratiques professionnelles – d’autre part avec l’affirmation d’objets culturels encore récents pour la recherche mais débordant les hiérarchies culturelles supposées établies : jeux vidéo, musiques populaires, bandes dessinées…

Les analyses de discours et de représentations sont rapportées aux conditions de leur production (activités et référents des différents intervenants, modes de financement) en tenant compte de l’interprétation variable effectuée par les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes et joueurs. Ceci selon la logique bien établie de la sociologie de la réception, tout en développant pour l’internet ou le transmedia une sémiologie des interfaces numériques appelée à pouvoir intégrer la posture potentiellement mouvante des publics, entre création et réception, la production étant elle-même affectée par cette relation dialectique.

C’est dans cette optique, visant à resituer l’analyse des représentations médiatiques et culturelles dans leur contexte social, que sont développées une réflexion socio-historique sur les nouveaux régimes médiaculturels (ou métaplasmiques, au sens de Haraway) et la reconnaissance des identités au sein de la sphère publique, une socio-économie du journalisme en ligne, une socio-économie des musiques populaires, une analyse en réception des discours médiatiques genrés ou ethnoracialisés, des pratiques des réseaux socionumériques, voire transmédiatiques.

La constitution de chantiers très récents, comme la recomposition des distinctions entre productions culturelles professionnelles et amateures, savantes et populaires, pousse à l’interdisciplinarité au sein de projets de recherche qui associent des équipes très variées (des sciences humaines et sociales jusqu’à l’informatique) pour travailler sur des corpora à l’envergure parfois inédite dans l’étude des médias.

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